–  Cette approche a pour objectif de dépasser la simple assistance et vise le développement de la capacité d’agir des personnes et des communautés.

–  Une intervention sociale fondée sur l’empowerment  contribue à réparer les ruptures de la stigmatisation et la culpabilisation. Cette approche dépersonnalise les problèmes vécus et augmente la conscience sociale et politique des personnes qu’elle cible.

 

CHAPITRE 1: LES FONDEMENTS DE L’EMPOWERMENT

Pourquoi l’empowerment? parce que perdre son autonomie c’est perdre sa capacité d’agir.

Si on analyse l’empowerment on peut mieux comprendre ce que ce processus fait:

 

1)  Aide les personnes appauvries à se défaire des barrières psychologiques de la stigmatisation et de la culpabilisation;

2)  Augmente l’autonomie d’action individuelle et collective et développe une résistance aux directives imposées par d’autres;

3)  Permet aux personnes et aux collectivités , incluant celles qui sont pauvres, de choisir par elles mêmes les voies à privilégier dans leur développement ou dans leur lutte contre l’appauvrissement.

 

Citation:

L’empowerment repose sur la prémisse que les individus et les collectives ont le droit de participer aux décisions qui les concernent et que les compétences requises par cette participation sont déjà présentes chez les individus et les collectivités ou que le potentiel pour les acquérir existe.


En d’autres mots: il faut croire dans les capacités des personnes. Pour Ninacs l’exercice du pouvoir s’exerce par l’action autonome et ça comprend 3 étapes:

1) choisir,    2) décider et   3) agir.

 

Citation:

La plupart des écrits sur l’empowerment considèrent que le développement des capacités de choisir et de décider constitue le processus d’empowerment et l’acquisition d’une capacité d’agir en est l’étape finale, c’est à-dire l’état d’empowerment.

Ninacs nous parle de 3 types d’empowerment: individuel, communautaire et organisationnel.

 

CHAPITRE 2: EMPOWERMENT INDIVIDUEL

Ses composantes sont: La participation, les compétences pratiques, l’estime de soi et la conscience critique

En espagnol ont dit la capacitacion des personnes: ça veut dire le processus de devenir capable.

Citation:

Le développement du pouvoir d’agir n’est pas une tâche mais bien un processus, car il représente le mécanisme par lequel se produisent l’appropriation et l’exercice du pouvoir. P.27

En fait, l’absence d’une de ces composantes aurait pour effet de réduire sinon d’annuler, la portée du pouvoir d’agir.

Les facteurs structurants de l’empowerment individuel sont:

–  L’interaction (l’individu est avec d’autres en groupe)

–   Du temps (le long terme pour un processus d’empowerment)

–  Quelque chose à risquer ( des connaissances, un bien, de l’argent, etc. une chose à laquelle l’individu attribue une grande valeur)

–  Un projet (il motive l’action et permet des réalisations qui produisent des gains)

 

Maintenant regardons les obstacles à l’empowerment individuel:

–  La pauvreté

–  Les disparités géographiques qui ont un effet sur l’accessibilité des ressources

–  Les barrières culturelles et technologiques

–  La perte d’autonomie tant physique que mentale

–  Les interventions sociales paternalistes de la part des intervenants de tous genres

–  La stigmatisation résultant de la perception négative de la population des personnes en situation de pauvreté par exemple.

 

CHAPITRE 3: L’EMPOWERMENT COMMUNAUTAIRE

L’empowerment communautaire renvoi à un état où la communauté est capable d’agir en fonction de ses propres choix et où elle favorise le développement du pouvoir d’agir de ses membres. P.39

 

Les composantes de l’empowerment communautaire:

–  La participation ( lieux permettant à tous les membres de la communauté, incluant les plus démunis, de participer à sa vie et aux systèmes ainsi qu’aux décisions qui les concernent)

–  Les compétences( qui représentent la capacité d’exploiter les forces du milieu afin d’assurer du mieux être de tous les membres de la communauté)

–  La communication (qui contribue à construire le climat de confiance indispensable à la libre expression, droit de parole, et qui permet l’accès à l’information requise pour réussir des projets)

–  Le capital communautaire (qui assure l’entraide sur le plan individuel et qui stimule l’action sur des questions sociétales plus larges)

Citation:

Une participation permettant l’exercice d’un pouvoir réel suppose non seulement une équité dans la distribution du pouvoir par ceux et celles qui la possèdent (Kattz, 1984), mais aussi l’intégration, dans les espaces décisionnels, des individus non perçus comme leaders naturels afin que toutes les personnes puissent avoir la chance de mettre leurs compétences à contribution (Biegel, 1984) P.42

 

Cette participation exige aussi que chaque lieu où se prennent les décisions en question – un groupe, un comité, une organisation – soit un lieu:

–  Où l’on se préoccupe autant des processus que des résultats;

–  Où les membres du groupe partagent un système de valeurs articulé à l’intérieur d’une vision commune;

–  Qui est ouvert au changement, aux idées nouvelles, et aux opinions divergentes;

–  Où règne une atmosphère d’apprentissage et qui offre la possibilité aux individus de développer leurs compétences et leurs habiletés;

–  Où s’exerce, sur les plans organisationnel, instrumental et social, un leadership solide de type consensuel qui, simultanément, motive et soutient les individus;

–  Où, sur le plan organisationnel, les structures démocratiques favorisent l’empowerment.

 

Parfois, l’accès aux lieux décisionnels peut ne pas suffire, particulièrement lorsqu’il est question de la participation des personnes appauvries.

Ninacs nous dit que pour avoir une bonne participation il faut rendre certaines ressources disponibles comme par exemple:

-Ressources matérielles (nourriture, vêtements, logements)

–  Situations particulières des personnes (transport adapté, garde d’enfants)

–  Ressources inhérentes à l’action ( équipement, outillage)

–  Ressources financières (billets d’autobus ou autres)

–  Ressources informationnelles (les renseignements, les connaissances et les contacts dont dispose l’organisation).

 

C’est un continuum d’un type d’empowerment à l’autre, c’est comme une poupée russe, donc la prochaine fois je vous parlerai de l’empowerment organisationnel.

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CHAPITRE 4 : L’EMPOWERMENT ORGANISATIONNEL

Citation :

Selon Jack Rothman (Cnaan et Rothman, 1995 et Rothman, 1995), ce serait à partir d’organisations auxquelles participe un large éventail de personnes engagées localement qu’il serait possible de développer la compétence du milieu et proscrire les approches d’exclusion ou de discrimination. Or cette même idée de la compétence de la communauté – qui permet de saisir le lien entre l’empowerment individuel et l’empowerment communautaire – peut également aider à saisir le rôle de l’organisation dans les processus d’empoiwerment. (P.57)

 

Fonctions d’une organisation :

1)   Elle sert de lieu d’empowerment pour les personnes qui y participent, et revêt dans ce sens une fonction d’empowerment communautaire qui se manifeste sur deux plans précis : sur celui de la communauté fonctionnelle – c’est-à-dire l’organisation – et celui de la communauté plus large.

2)   Cheminement vers l’empowerment organisationnel  qui s’exécute sur 4 plans ou 4 composantes :

 

La participation : une organisation peut participer aux décisions qui l’intéressent, en particulier dans les organismes dont elle est membre (organisations intermédiaires) et dans sa communauté;

 

Les compétences : qui sont les connaissances et les habiletés mises à contribution  par les individus dans de l’organisation, tels les membres de ses instances décisionnelles, de ses comités et de son personnel, et l’on peut penser aussi qu’il peut se faire un transfert de savoirs entre ces personnes, ce qui assure une continuité lorsqu’une d’elle quitte l’organisation, ce qui assure que les connaissances et les habiletés évolueront avec le temps;

 

La reconnaissance : ( sa compétence et sa crédibilité)

qui renvoie au cheminement par lequel l’organisation arrive à reconnaître sa propre légitimité ainsi que ses compétences et qui passe, en premier lieu, par la façon dont ses membres la perçoivent et, par la suite, par la façon dont le milieu qui l’entoure l’accueille et la soutient

La conscience critique : c’est-à-dire la capacité d’analyse de l’organisation quant à la clarification des enjeux pour ses membres et pour la population en général.

 

L’interaction entre ces composantes, c’est-à-dire le soutien que chacune apporte aux autres ainsi que la pression que chacune exerce sur les autres, n’est pas moins essentielle dans le cas des organisations qu’elle n’est l’est dans le cas des individus.

 

De plus, puisque le pouvoir d’agir des individus contribue à réaliser celui de la communauté, c’est-à-dire l’empowerment communautaire, l’empowerment des organisations ne devrait-il pas en faire autant? En fait,  le rôle que peut jouer l’organisation dans la construction de l’empowermwnt communautaire paraît déterminant, car les organisations font partie des structures mises en place par une communauté pour assurer à ses membres l’accès aux ressources, et elles sont souvent appelées à gérer d’autres dispositifs communautaires.

 

Le rôle des organisations intermédiaires

 

C’est-à-dire les lieux de concertation, dans le développement et le maintien de l’autonomie des organisations qui en sont membres.

 

L’organisation intermédiaire se voit conférer différentes fonctions par rapport à d’autres organisations ayant des liens avec elle, par exemple :

·        celle de lieu de participation aux décisions;

·        celle de lieu de développement d’expertises;

·        celle de lieux de clarifications des enjeux;

·        celle de référence identitaire pour les organisations qui en sont membres ou qui s’y croient apparentées.

 

Ces fonctions ont un effet sur le pouvoir d’agir d’une communauté. Une étude de trois corporations de développement communautaire aux Etats-Unis (Briggs et al.,1997) affirme que le développement de la communauté peut faire partie des mandats d’organismes intermédiaires et qu’il passe par des activités qui incluraient les éléments suivants :

1)   une vision de la communauté comme un tout physique et social;

2)   des programmes de services complets, coordonnés, accessibles et utilisés, visant à répondre aux besoins des personnes avant tout;

3)   le développement de l’empowerment politique;

4)   le renforcement du tissu social tant sur le plan de la citoyenneté active que sur celui des relations interpersonnelles informelles.

 

L’empowerment ici renvoie à l’emprise réelle de la communauté sur le processus décisionnels conduisant aux changements sociaux, une idée qui se trouve au cœur de ce livre.

 

L’organisation intermédiaire peut donc représenter un nouveau lieu de pouvoir qui permet la participation des populations touchées par un problème aux décisions qui les concernent par l’entremise de leurs organisations. P.63

 

Enjeux de la concertation

La concertation s’avère un élément vital de l’empowerment communautaire.

 

Pour Ninacs, la concertation n’est pas synonyme de partenariat, mais correspond à l’étape de négociation qui le précède. La distinction est donc significative et elle pourrait se résumer comme suit :

 

·         la concertation : un processus volontaire, plus ou moins formel et décisionnel, de mise en commun d’analyses et des solutions à des problèmes reconnus, rassemblant des acteurs sociaux qui cherchent un consensus fondée sur une problém,atique commune, en vue d’élaborer et de mettre en œuvre des stratégies, des politiques et des pratiques économiques et sociales ( Lamoureux, 1996; Tremblay et Fontan, 1994);

·         le partenariat : un projet commun fondé sur un engagement contractuel entre différents acteurs sociaux dont la mission, les objectifs, la durée et les moyens sont précisément définis (Lamoureux, 1996; Tremblay et Fontan, 1994.

Citation :

De fait, une communauté d’esprit se traduisant par une même façon de concevoir un problème de départ s’avère une composante fondamentale de tout processus de développement, fût-il individuel, organisationnel ou communautaire. Peut-ton véritablement développer l’empowerment communautaire sans une communauté d’esprit quant aux objectifs? Ne faut-il pas partager la conception des problèmes à régler? En fin de compte, on peut croire que les réflexions portant sur des sujets davantage d’ordre stratégique auront des effets beaucoup plus profonds que celles portant sur des questions plutôt techniques. Sur le plan du développement du pouvoir d’agir, la mise en œuvre d’activités de réflexion semble constituer des services essentiels à offrir. P. 68